Cancer : 15 additifs alimentaires à éviter

Cancer : 15 additifs alimentaires à éviter

Ils sont utilisés pour repousser la durée de conservation des aliments, améliorer leur apparence, leur texture ou leur couleur : de nombreux additifs ont des effets néfastes sur la santé et en particulier le génome, comme le montrent différentes publications scientifiques internationales. Zoom sur 15 additifs à éviter.

Dans la liste d'ingrédients d'un aliment industriel se distinguent des codes bizarres à base de E suivi de 3 ou 4 chiffres. Il s'agit des additifs alimentaires, des substances ajoutées intentionnellement aux aliments dans le but soit d'en améliorer la conservation, la couleur, l'aspect, soit de faciliter leur fabrication. Colorants, conservateurs, édulcorants... souvent de synthèse ces produits sont parfois soupçonnés d'induire des réactions allergiques mais aussi, de favoriser l'apparition, à terme, de cancers.

Avant d'être utilisés dans l'industrie agroalimentaire, les additifs font l'objets de tests toxicologiques qui permettent de dire dans quels produits ils peuvent être incorporés et à quelle dose. Le problème c'est que certains d'entre eux sont présents dans de nombreux produits, ce qui alourdit la dose journalière consommée. Par ailleurs, on ne connaît pas forcément les effets à long terme d'un mélange de ces substances chez l'homme.

Quels additifs faut-il éviter pour réduire le risque de cancer ?

Pour les 15 additifs présentés ici, les preuves scientifiques manquent souvent pour dire sans conteste qu'ils sont cancérigènes. En revanche, pour chacun d'eux, il existe des travaux chez l'animal ayant montré une possible génotoxicité. Il existe donc un doute raisonnable quant à leur innocuité. Si vous souhaitez rester prudent et appliquer le principe de précaution, suivez le guide.

Lire aussi : Cancer : 7 aliments à éviter

Le jaune de quinoléine

Nom de code : E 104
Fonction : colorant
Où le trouver : sodas, confiseries, confitures, boissons alcoolisées

Ce colorant est interdit aux États-Unis et en Australie, et pour cause : c’est un agent mutagène, ce qui signifie qu’il est potentiellement cancérogène. En 2004, des chercheurs polonais ont montré que le jaune de quinoléine peut être génotoxique. Il est aussi susceptible de provoquer des réactions allergiques chez les personnes sensibles.

L’acésulfame K

Nom de code : E 950
Fonction : édulcorant
Où le trouver : produits allégés, confiseries

Deux études menées sur des rats suggèrent que cet édulcorant pourrait augmenter le risque de cancer. Suite à cela, un organisme américain, le Centre pour la science dans l’intérêt public a invité la Food and Drug Administration (FDA) a exigé, mais sans succès, la conduite de plus d’études avant d’autoriser de manière définitive la présence de cet additif dans nos assiettes. De plus, cette association a recueilli l’avis de spécialistes sur la question. Selon Lorenzo Tomatis, ancien directeur de l’Agence internationale contre le cancer, « il existe plusieurs sérieux défauts dans la conception et la conduite de ces tests… La seule conclusion que l’on peut en tirer est que l'acésulfame devrait être examiné d'une manière appropriée et fiable avant qu'une évaluation de sa cancérogénicité puisse être faite ».

En 2005, une étude est menée chez des souris qui reçoivent, pendant 9 mois, différentes doses d’acésulfame de potassium : 0%, 0,3%, 1% ou 3% de leur alimentation totale (1). Conclusion : sur cette période et à ces concentrations, il n’est relevé aucune activité cancérogène de l’édulcorant. Malgré ces données expérimentales, les scientifiques doutent toujours de l’innocuité de l’acésulfame K et conseillent, dans le doute, de ne pas trop en consommer.

De plus, prudence si vous prenez de l'acésulfame K parce que vous avez du diabète de type 2, car certaines études suggèrent qu’il pourrait affecter la sécrétion d’insuline ou le microbiote intestinal.

L’aspartame

Nom de code : E 951
Fonction : édulcorant
Où le trouver : produits allégés, desserts lactés, confiseries

Par précaution, évitez-le, même si les preuves formelles de son implication dans les problèmes de santé manquent. Pour le Pr Jean-François Narbonne, toxicologue, expert auprès de l'Anses, « il faut éviter l'aspartame. C’est une invention de l’industrie agroalimentaire qui maintient les gens dans des comportements aberrants. L’aspartame ne présente aucun intérêt nutritionnel. C'est un édulcorant suspect. »

Depuis son autorisation aux Etats-Unis en 1974, on aurait relevé une augmentation des tumeurs au cerveau. En France, cet édulcorant a été commercialisé à partir de 1981. Depuis 1996 et une dénonciation de certains chercheurs des effets néfastes de l’aspartame, la polémique n’en finit plus d’enfler. Selon certains, il serait responsable de tumeurs au cerveau. C’est en tout cas ce qu’ont montré des chercheurs italiens en avec une étude sur les rats réalisée en 2005. Selon le Professeur Soffriti « ces résultats démontrent pour la première fois que l’aspartame est un agent cancérogène, capable de provoquer des tumeurs à des doses inférieures à la dose journalière admissible qui est de 40 mg par kg de poids en Europe. » Les chercheurs français se sont à leur tour inquiétés quant à la consommation croissante de cet édulcorant, jugeant qu’il n’avait « rien à faire dans notre alimentation » (lire l’interview du Professeur Narbonne). Cependant, l'autorité européenne de sécurité alimentaire n’a étrangement pris aucune mesure d’interdiction suite à cette étude. En 2007, les mêmes chercheurs italiens ont publié une nouvelle étude, également menée chez des rats et constatant que l'aspartame a causé des leucémies/lymphomes et le cancer du sein. Encore une fois, ces conclusions ont été démenties par le groupe de scientifiques de l'EFSA chargé d'analyser les résultats de l'étude.

Selon les experts, la méthodologie et l'interprétation des résultats n'est pas pertinente. Dans une étude 2006, des chercheurs de l'Institut National contre le Cancer des États-Unis ont étudié un grand nombre d'adultes de 50 à 69 ans sur une période de cinq ans. Il n'y a eu aucune preuve que l'aspartame augmente le risque de cancer.

L’amarante

Nom de code : E 123
Fonction : colorant
Où le trouver : vins apéritifs, spiritueux, œufs de poisson

Interdit aux États-Unis, en Norvège, en Russie et en Autriche, ce colorant a été testé par plusieurs études scientifiques avec des résultats contrastés. Des chercheurs japonais ont établi que l’amarante est génotoxique. Par précaution, vous devriez le bannir de votre alimentation. L’utilisation de l’amarante étant cependant très restreinte – caviar et autres œufs de poissons, spiritueux – l’alimentation ne semble pas exposer à un dépassement de la dose journalière admissible. 

Le rouge ponceau 4R/rouge cochenille

Nom de code : E 124
Fonction : colorant
Où le trouver : pâtisseries fraîches ou sèches, entremets, fruits au sirop, confiseries, chorizo, crèmes glacées

Dès la dose de 10 mg par kilo, les scientifiques ont trouvé que cette substance induisait des dommages sur l’ADN chez les rats. Ils en concluent que la génotoxicité du rouge Ponceau à cette faible dose devrait inciter à la prudence.

L’érythrosine

Nom de code : E 127
Fonction : colorant
Où le trouver : cerises pour cocktail, confites ou bigarreaux au sirop

Le potentiel cancérogène de l’érythrosine est connu depuis de nombreuses années. Les chercheurs soupçonnent notamment ce colorant d’être à l’origine de cancers de la thyroïde chez l’animal. 

Le rouge « allura »

Nom de code : E 129
Fonction : colorant
Où le trouver : sodas ; apéritifs, saucisses et viande pour hamburger

Dès la dose de 10 mg par kilo, les scientifiques ont trouvé que cette substance induisait des dommages sur l’ADN. Ils en concluent que la génotoxicité du rouge allura à cette faible dose devrait encourager à de nouvelles études pour plus de prudence.

Le noir brillant BN

Nom de code : E 151
Fonction : colorant
Où le trouver : harengs fumés

Interdit aux Canada, aux États-Unis, en Finlande, au Japon, en Norvège, ce colorant est un agent dit mutagène, ce qui signifie qu’il est potentiellement cancérigène.

Le jaune orangé sunset

Nom de code : E 110
Fonction : colorant
Où le trouver : confiseries, sirops, conserves, confitures, pâtisseries

À haute dose, ce colorant est suspecté de provoquer des tumeurs des glandes surrénales et des reins chez l’animal. Cependant même à la hauteur de 1,6 % du régime alimentaire, cette substance ne semble pas cancérigène et n'exerce aucun effet toxique à long terme chez la souris. Ce colorant est donc probablement inoffensif à dose faible. Évitez de consommer en trop grande quantité les aliments colorés avec le jaune orangé sunset pour réduire au minimum l’exposition à ce colorant.

L’azorubine/carmoisine

Nom de code : E 122
Fonction : colorant
Où le trouver : charcuteries

Interdit en Australie, en Norvège, en Suède et aux États-Unis, ce colorant s’est montré plus ou moins toxique chez les rats selon les études. Par prudence, mieux vaut l’éviter. Attention si vous êtes un gros consommateur de charcuteries !

Les nitrites et les nitrates des charcuteries

Nom de code : E 249 à E 252
Fonction : conservateurs
Où les trouver : charcuteries, viandes industrielles

Plus de 15 000 produits emballés sur le marché français contiennent actuellement des nitrites (E249 : nitrite de potassium ; E250 : nitrite de sodium) ou des nitrates (E251 : nitrate de sodium ; E252 : nitrate de potassium). Ces additifs sont utilisés pour la conservation des aliments, en raison de leur rôle antimicrobien. Le sel nitrité donne aussi une coloration rose aux charcuteries. Mais nitrites et nitrates peuvent donner naissance en présence de fer à des composés cancérogènes qu’on appelle nitrosamines, accusées de favoriser les cancers digestifs.

Les nitrites et nitrates sont également retrouvés dans d’autres aliments, légumes et eaux de consommation, car ils sont naturellement présents dans les sols. Certaines pratiques agricoles et industrielles peuvent aussi augmenter leur présence.

Dans un rapport de juillet 2022, l’Anses a préconisé de limiter l’utilisation des nitrites et des nitrates comme additifs alimentaires, du fait de leur impact probable sur le risque de cancer colorectal (2).

Les parabènes

Nom de code : E 214 à E 219
Fonction : conservateurs
Où les trouver : charcuteries industrielles, pâtes à tarte, biscuits apéritifs, confiseries

Les parabènes ont essentiellement été associés au cancer du sein mais les études restent contrastées. Ils agiraient en se comportant comme des hormones sexuelles féminines, les estrogènes. À surveiller, d'autant qu'on en trouve aussi dans de nombreux produits cosmétiques.

Le BHA

Nom de code : E 320
Fonction : antioxydant
Où le trouver : plats cuisinés, chewing-gums

Le buthylhydroxyanisol se présente généralement sous la forme d’une cire blanche ou jaunâtre. On le trouve dans les produits chocolatés, les produits de boulangerie, les sauces et les snacks. Il est classé comme probablement cancérigène par le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC).

Le gallate de propyle

Nom de code : E 310
Fonction : antioxydant
Où le trouver : boissons pour sportifs, confiseries, céréales du petit déjeuner, crèmes dessert, yaourt aux fruits

Substance suspectée d'être cancérigène, notamment via le métabolite auquel elle donne naissance dans l'organisme (l'acide gallique). Les preuves manquent cependant pour confirmer ses effets génotoxiques.

Certains caramels

Nom de code : E 150c et E150d
Fonction : colorant
Où le trouver : soda, vinaigre

Parmi les colorants marron, le caramel ammoniacal (E150c) et le caramel de sulfite d'ammonium (E150d) sont tous les deux cancérogènes chez le rat (3). Ils sont classés comme possiblement cancérigènes chez l’homme par le CIRC. Ces colorants sont présents dans des sodas, mais aussi des vinaigres.

Et les émulsifiants (carraghénanes, pectines...) ?

Pour ces additifs, les effets sont controversés, mais des études suggèrent un potentiel risque.

Les émulsifiants sont des additifs couramment utilisés par l’industrie agroalimentaire pour améliorer la texture, l’apparence, le goût des produits et prolonger leur conservation. Par exemple, les émulsifiants sont présents dans des pâtisseries, gâteaux, desserts, glaces, barres chocolatées, pains, margarines et plats préparés. Les émulsifiants pourraient perturber le microbiote intestinal et augmenter le risque d’inflammation, et potentiellement favoriser la survenue de certains cancers.

Des chercheurs français, regroupés au sein de l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Cress-Eren), ont étudié les liens entre les apports alimentaires en émulsifiants et la survenue des cancers. Ils ont analysé les données de santé de 92 000 adultes (âge moyen 45 ans ; 79 % de femmes) qui participaient à l’étude de cohorte française NutriNet-Santé (4). Après un suivi moyen de 7 ans, les résultats suggèrent une association entre l’ingestion de certains émulsifiants et un risque accru de cancers, en particulier du sein et de la prostate. Par exemple, les femmes ayant des apports plus élevés en carraghénanes (E407 et E407a) avaient 32 % de risque en plus de développer des cancers du sein, par rapport au groupe ayant des apports plus faibles.

Dans un communiqué de presse, Mathilde Touvier (Université Sorbonne Paris Nord) et Bernard Srour, professeur junior à INRAE, principaux auteurs de l’étude, ont déclaré : "Si ces résultats doivent être reproduits dans d’autres études à travers le monde, ils apportent de nouvelles connaissances clés au débat sur la réévaluation de la réglementation relative à l’utilisation des additifs dans l’industrie alimentaire, afin de mieux protéger les consommateurs."

Les émulsifiants comprennent les mono- et diglycérides d’acides gras, les carraghénanes, les amidons modifiés, les lécithines, les phosphates, les celluloses, les gommes et les pectines.

Quels sont les additifs alimentaires considérés comme cancérigènes ?

Pour une liste plus complète d'additifs dangereux, lisez : Le nouveau guide des additifs

Quels sont les aliments à bannir pour limiter l'exposition aux additifs liés au cancer ?

Les aliments ultra-transformés contiennent souvent une liste impressionnante d'additifs. Nous vous conseillons vivement de les éviter.

Pour vous aider à faire le bon choix au supermarché, lisez : Le bon choix au supermarché (nouvelle édition 2025)

Références

(1) Irwin et al. NTP Genetically Modified Model Report on the Toxicity Studies of Acesulfame Potassium (CASRN 55589-62-3) in FVB/N-TgN(v-Ha-ras)Led (Tg.AC) Hemizygous Mice and Carcinogenicity Studies of Acesulfame Potassium in B6.129-Trp53tm1Brd (N5) Haploinsufficient Mice (Feed Studies). Research Triangle Park (NC): National Toxicology Program. Oct. 2005.

(2) Anses. Avis révisé et rapport relatifs aux risques associés à la consommation de nitrites et de nitrates. 6 juillet 2022.

(3) Jacobson. Carcinogenicity and regulation of caramel colorings. Int J Occup Environ Health. 2012.

(4) Sellem et al. Food additive emulsifiers and cancer risk: Results from the French prospective NutriNet-Santé cohort. PLOS Medicine. 2024.

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